Comment s'assurer que votre montage respecte la norme en 15620 ?

Blog Publié le 30/06/2026
Comment s'assurer que votre montage respecte la norme en 15620 ?

La norme EN 15620 est la moins connue du quatuor normatif qui encadre les rayonnages industriels en France, derrière la EN 15512 sur les calculs de charge et la EN 15635 sur l'exploitation et la maintenance. Pourtant, c'est elle qui traduit concrètement sur le terrain ce que « bien monté » signifie réellement : des valeurs précises sur la verticalité des montants, l'alignement des travées, les jeux de palettes selon la classe de chariot utilisé.

Un rack qui semble droit à l'œil peut parfaitement être hors tolérance EN 15620, et cette non-conformité réduit silencieusement la capacité de charge réelle de l'installation. Elle ne déclenche aucune alarme visible, ne provoque aucun signe immédiat. Elle travaille dans l'ombre, jusqu'au premier incident structurel.

Chez Abracadaracks, nous intervenons sur l'ensemble du cycle de vie des rayonnages : inventaire quantitatif et qualitatif, démontage, conditionnement, transport et montage sur site via notre réseau de partenaires. Cette expérience nous a appris que la EN 15620 est la norme la plus fréquemment ignorée lors des réceptions de chantier, précisément parce que ses exigences ne se voient pas, elles se mesurent.

Ce qu'il faut retenir


  • La norme EN 15620 fixe les tolérances géométriques d'installation des rayonnages : verticalité des montants, alignement des travées, planéité des lisses et jeux de palettes selon la classe de chariot élévateur utilisé. Ce sont ces valeurs qui conditionnent la validité réelle de l'abaque de charge calculé selon la EN 15512.
  • Un rack qui semble droit à l'œil peut parfaitement être hors tolérance EN 15620. Cette non-conformité réduit la capacité de charge réelle de l'installation sans déclencher aucun signal visible, jusqu'au premier incident structurel.
  • La norme intègre explicitement la classe de chariot élévateur dans ses exigences géométriques. Les jeux minimaux entre palette et montants, entre palettes adjacentes et entre palette et lisses dépendent directement de la classe du chariot utilisé en exploitation. Un rack remonté dans un nouveau contexte doit être vérifié selon la classe de chariot du nouveau site, pas celle du site d'origine.
  • Sur du matériel d'occasion, les montants qui ont subi des impacts peuvent présenter une courbure résiduelle non visible à l'œil nu. Chez Abracadaracks, notre inventaire qualitatif vérifie pièce par pièce l'état des fûts d'échelles et des montants avant toute mise en vente, précisément pour identifier ces défauts.
  • La conformité EN 15620 ne vaut que si elle est documentée. Le procès-verbal de réception doit consigner les mesures de verticalité, l'alignement des travées, les jeux de palette vérifiés et la configuration installée. La norme EN 15635 impose ce registre, c'est lui qui protège l'exploitant en cas de contrôle ou d'accident.

Ce que dit la norme EN 15620 : périmètre et position dans le cadre normatif

Depuis 2009, quatre normes européennes encadrent conjointement la conception, l'installation et l'exploitation des systèmes de stockage en acier en France. Comprendre le rôle spécifique de chacune est indispensable pour saisir pourquoi la EN 15620 ne peut pas être ignorée au profit des autres.

Le quadruplet normatif et la place de la EN 15620

La NF EN 15512 encadre le calcul des structures : capacité portante, flèche admissible des lisses, stabilité d'ensemble. C'est elle qui produit les valeurs inscrites sur l'abaque de charge. La NF EN 15620 fixe les tolérances géométriques d'installation : verticalité, alignement, jeux. La NF EN 15629 porte sur la spécification fonctionnelle du système avant sa mise en œuvre. La NF EN 15635 encadre l'utilisation, la maintenance et les inspections après la mise en service.

La relation entre EN 15512 et EN 15620 est directe et rarement explicitée : les valeurs de capacité calculées selon la EN 15512 ne sont valables que si l'installation est géométriquement conforme à la EN 15620. Autrement dit, l'abaque de charge affiché sur la plaque de charge correspond à une structure installée dans les tolérances définies par la EN 15620. Hors de ces tolérances, les calculs de la EN 15512 ne couvrent plus la situation réelle de l'installation.

Ce que règle concrètement la EN 15620

La EN 15620 définit quatre grandes familles de tolérances géométriques. La verticalité des montants, dans l'axe de la rangée et perpendiculairement à elle, en fonction de la hauteur de l'installation. L'alignement des travées sur la longueur d'une rangée. La planéité des lisses sous charge, en cohérence avec les limites de flèche de la EN 15512. Les jeux minimaux entre les palettes et les éléments de structure, montants, lisses, travées adjacentes, selon la classe de chariot élévateur utilisé en exploitation.

Ces valeurs ne sont pas des recommandations. Ce sont des limites au-delà desquelles les calculs de charge ne sont plus valides et la responsabilité de l'installateur, puis de l'exploitant, peut être engagée en cas d'accident.

Les tolérances de verticalité : mesurer l'aplomb des montants

La verticalité des montants est le contrôle le plus concret et le plus directement vérifiable sur le terrain. C'est aussi celui qui est le plus souvent réalisé de façon approximative, au jugé visuel, avec un niveau à bulle tenu à la main, alors que la EN 15620 impose une méthode et des valeurs précises.

Pourquoi l'aplomb conditionne la capacité de charge

Un montant parfaitement vertical travaille en compression pure sous la charge des palettes. C'est le mode de sollicitation pour lequel il a été calculé et dimensionné. Un montant incliné, même légèrement, introduit une composante de flexion dans ce calcul : il travaille en flexion composée, ce qui réduit sa résistance réelle par rapport à la valeur indiquée sur l'abaque de charge. Cette réduction n'est pas anecdotique sur les installations de grande hauteur, où la sensibilité à la verticalité augmente avec le carré de la hauteur.

En pratique, cela signifie qu'un palettier de 10 mètres dont les montants s'écartent des tolérances de verticalité de la EN 15620 peut avoir une capacité réelle inférieure de 15 à 20 % aux valeurs affichées sur la plaque de charge, sans que rien ne le signale visuellement dans l'état d'exploitation courant.

La méthode de vérification sur le terrain

La vérification de la verticalité se réalise avec un niveau à bulle positionné sur la face du montant, complété par une règle graduée ou un fil à plomb sur la hauteur totale de l'échelle. Elle se conduit en deux axes : dans l'axe de la rangée (sens longitudinal) et perpendiculairement à la rangée (sens transversal). Un contrôle effectué dans un seul axe peut donner un résultat conforme alors que l'autre axe est hors tolérance.

Le contrôle doit être réalisé sur chaque montant, et les mesures consignées travée par travée dans le dossier de réception. Une mesure non documentée n'existe pas aux yeux d'un expert judiciaire ou d'un inspecteur du travail.

Le cas particulier du matériel d'occasion

Un montant qui a subi un impact de chariot, même léger, même invisible à l'œil nu, peut présenter une courbure résiduelle sur sa hauteur qui le sort des tolérances de verticalité de la EN 15620. Cette déformation n'est pas détectable sans mesure instrumentée : elle ne se manifeste pas par une déformation macroscopique visible, mais par un écart géométrique progressif qui s'amplifie avec la hauteur du montant.

C'est précisément pour cette raison que notre inventaire qualitatif intègre une vérification pièce par pièce des fûts d'échelles et des montants avant toute mise en vente sur notre plateforme. Chaque montant présentant une trace d'impact ou une déformation est identifié et signalé, ce qui permet à l'acheteur de savoir, avant le montage, quelles pièces nécessitent un remplacement pour garantir la conformité de l'installation.

Les jeux de palettes selon la classe de chariot : une donnée souvent ignorée


La EN 15620 est la seule norme du quadruplet à intégrer explicitement la nature de l'engin de manutention dans ses exigences géométriques. C'est l'une de ses spécificités les plus importantes, et l'une des plus méconnues lors des réceptions de chantier.

Les classes de chariots et leurs implications géométriques

La norme définit des classes de chariots qui correspondent à des niveaux de précision de dépose décroissants. La classe 100 regroupe les chariots les plus précis (chariots à mât rétractable, chariots trilatéraux) ; la classe 400 couvre les engins les moins précis (transpalettes manuels, chariots frontaux de grande capacité). Entre les deux, les classes 200 et 300 correspondent aux chariots frontaux standards et aux chariots à grande portée.

Pour chaque classe, la EN 15620 définit des jeux minimaux entre la palette et les montants côté allée (jeu latéral), entre la palette et les lisses en profondeur (jeu longitudinal), et entre deux palettes adjacentes dans une même travée double profondeur. Ces jeux s'additionnent à la largeur de palette standardisée pour déterminer l'entraxe de lisses à retenir lors du montage.

Pourquoi ce point est critique sur les racks d'occasion reconfigurés

Un rack acheté d'occasion a été dimensionné pour une configuration précise dans un contexte précis, avec un chariot d'une certaine classe, des palettes d'un certain format, une hauteur de stockage donnée. Lorsqu'il est remonté dans un nouveau site, avec un chariot de classe différente ou des palettes de dimensions différentes, les jeux de la EN 15620 peuvent ne plus être respectés, même si l'entraxe des lisses est identique à la configuration d'origine.

En pratique, un palettier dimensionné pour un chariot de classe 100 (très précis) sera monté avec des jeux latéraux plus réduits qu'un palettier prévu pour un chariot de classe 300. Si ce rack est remonté dans un entrepôt équipé de chariots de classe 300, les jeux réels ne correspondent plus aux exigences de la norme pour ce type d'engin, et les risques de choc de palette contre montant lors des opérations de stockage à grande hauteur augmentent.

C'est l'une des vérifications que notre réseau de partenaires de montage effectue systématiquement en début de chantier : identifier la classe de chariot du site destinataire et vérifier que la configuration prévue respecte les jeux correspondants selon la EN 15620, avant de poser le premier montant.

Alignement des travées et planéité des lisses : deux contrôles complémentaires


L'aplomb des montants et les jeux de palettes concentrent l'essentiel de l'attention lors des contrôles de conformité EN 15620. Deux autres exigences, moins fréquemment documentées, complètent le tableau et concernent l'alignement des travées sur la longueur d'une rangée et la planéité des lisses sous charge.

L'alignement des travées dans l'axe de la rangée

Sur une rangée de plusieurs travées consécutives, les montants doivent être alignés dans l'axe de la rangée avec une tolérance définie par la EN 15620. Un montant décalé latéralement par rapport à ses voisins, même de quelques millimètres, crée une irrégularité de passage dans l'allée. À faible hauteur, cette irrégularité est sans conséquence. À grande hauteur, lors d'une dépose avec un chariot à mât rétractable ou un chariot trilateral opérant à 8 ou 10 mètres, le même décalage peut provoquer un accrochage de palette contre le montant lors du retrait des fourches.

Le contrôle de l'alignement se réalise au cordeau tendu sur toute la longueur de la rangée, ou au laser de chantier sur les installations de grande longueur. Là encore, les mesures doivent être consignées, pas seulement contrôlées visuellement et jugées acceptables.

La planéité des lisses et la flèche sous charge

La EN 15620 définit la flèche admissible d'une lisse sous charge en cohérence avec les limites calculées par la EN 15512. Une lisse dont la flèche dépasse cette limite indique deux situations possibles : soit la charge en place dépasse la capacité autorisée pour la configuration installée, soit la lisse est hors section pour la portée demandée, c'est-à-dire qu'elle a été choisie ou remplacée par une référence incompatible avec la longueur de travée.

Sur du matériel d'occasion, une lisse qui a déjà travaillé en flèche excessive présente une déformation résiduelle même sans charge, ce qu'un contrôle visuel à vide peut ne pas détecter sans mesure instrumentée. Cette déformation n'est pas récupérable : une lisse qui a plastifié sous surcharge ne retrouve pas sa géométrie d'origine quand on la décharge. Sa résistance réelle est définitivement inférieure à sa capacité d'origine.

Le lien direct avec la plaque de charge

La plaque de charge affichée sur l'installation indique les capacités calculées pour la configuration installée, charge par niveau, charge par travée, charge totale par module. Ces valeurs sont valables pour une configuration géométriquement conforme à la EN 15620. Si l'alignement des travées est hors tolérance, si les lisses présentent une flèche résiduelle, ou si les jeux de palette ne correspondent pas à la classe de chariot utilisé, la plaque de charge ne reflète plus la réalité de l'installation.

Toute modification de la configuration, repositionnement d'un niveau, remplacement d'une lisse, ajout d'une travée, impose une vérification des tolérances EN 15620 et, si nécessaire, une mise à jour de la plaque de charge. Cette obligation est explicitement posée par la norme EN 15635 : une plaque de charge qui ne correspond plus à l'installation réelle est une non-conformité au même titre qu'un montant déformé.

Documenter la conformité : PV de réception, registre NF EN 15635 et responsabilité de l'exploitant

La conformité à la EN 15620 ne vaut que si elle est documentée. Un rack correctement monté, dont les mesures n'ont pas été consignées, ne peut pas être défendu en cas d'accident, de contrôle de l'inspection du travail ou de litige avec l'installateur. La EN 15635 impose un registre de suivi, et c'est la EN 15620 qui fournit les valeurs de référence qui doivent y figurer dès la réception.

Ce que doit contenir un PV de réception conforme

Un procès-verbal de réception conforme à l'ensemble du cadre normatif comporte plusieurs éléments non négociables. Les mesures de verticalité par montant, en deux axes, avec les valeurs relevées et les tolérances de référence. L'alignement des travées relevé par rangée, avec la méthode utilisée (cordeau, laser) et les écarts constatés. La classe de chariot retenue pour l'exploitation et les jeux de palette correspondants vérifiés sur la configuration installée. L'état des ancrages au sol : nombre, type, position, serrage confirmé. La plaque de charge posée, lisible et correspondant exactement à la configuration installée.

Ce document est à la fois une preuve de conformité à la réception et le point de départ du registre d'exploitation imposé par la EN 15635. Il délimite la responsabilité de l'installateur et celle de l'exploitant et il protège les deux parties en cas de litige ultérieur.

Le cas du rack d'occasion : traçabilité et données fabricant

Sur un rack d'occasion, constituer un PV de réception conforme EN 15620 suppose de disposer des données fabricant d'origine : notice d'installation, abaque de charge, classe de chariot de référence. Sans ces documents, il est impossible de savoir quelles tolérances géométriques s'appliquent à la configuration installée ni quelles valeurs reporter sur la plaque de charge.

C'est l'un des points que nous traitons systématiquement lors de nos prestations d'inventaire qualitatif : identification de la marque et du modèle de chaque composant, vérification de la disponibilité des données techniques associées, et signalement des pièces pour lesquelles la traçabilité fabricant est incomplète. Ces informations sont transmises à l'acheteur avec chaque transaction, de façon à ce que la réception de l'installation puisse être menée dans les conditions normatives requises.

La responsabilité de l'exploitant après la mise en service

Le décret n° 2008-244 du 7 mars 2008 relatif au Code du travail précise que l'employeur est tenu d'évaluer les risques liés aux équipements de travail, structures de stockage incluses. En cas d'accident survenant sur un rack dont il n'existe aucune trace documentée de réception conforme à la EN 15620, la responsabilité civile et pénale de l'exploitant peut être engagée, indépendamment de la qualité réelle du montage.

La norme EN 15635 impose ensuite des inspections régulières sur l'ensemble des composants. Les tolérances EN 15620 servent de référence lors de ces inspections : un montant qui s'est légèrement déplacé sous l'effet des vibrations quotidiennes, un ancrage qui a joué, une lisse repositionnée sans recalcul, autant de situations qui peuvent sortir progressivement l'installation du domaine de conformité sans qu'aucun signe visuel ne l'indique clairement.

Zoom réglementaire : NF EN 15620, NF EN 15635 et responsabilité de l'exploitant


La norme NF EN 15620 fixe les tolérances géométriques d'installation dont dépend la validité des calculs de charge de la EN 15512. Un rack installé hors de ces tolérances sort du domaine de validité de l'abaque de charge affiché sur la plaque de charge.


La norme NF EN 15635 impose un registre de suivi dès la réception, des inspections régulières incluant les tolérances géométriques, et la mise hors service immédiate de tout rack présentant des dommages structurels. Son non-respect peut engager la responsabilité civile et pénale de l'exploitant en cas d'accident.


Le décret n° 2008-244 du 7 mars 2008 impose à l'employeur d'évaluer les risques liés aux équipements de travail. En l'absence de PV de réception documentant la conformité EN 15620, cette obligation ne peut pas être considérée comme remplie.

Points de contrôle EN 15620 à documenter systématiquement lors de la réception :

  • Verticalité des montants mesurée en deux axes (longitudinal et transversal), relevée par montant
  • Alignement des travées sur la longueur de chaque rangée, méthode et écarts consignés
  • Classe de chariot identifiée et jeux de palette vérifiés selon cette classe
  • Planéité des lisses contrôlée sous charge, flèche mesurée et comparée aux tolérances EN 15512
  • Ancrages au sol conformes aux préconisations fabricant : nombre, type et position
  • Plaque de charge posée, lisible et cohérente avec la configuration géométrique installée

Pour tout projet d'achat, de vente ou de montage de rayonnage d'occasion avec réception formelle conforme à la EN 15620, notre équipe est disponible du lundi au vendredi de 8h à 19h au 09 70 71 68 81, ou par email à contact@abracadaracks.fr.

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